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Retour sur le Conseil communal du 2 avril 2019

Déclaration de politique communale

L’accouchement de la déclaration de politique communale de la majorité hutoise a visiblement été difficile. En effet, alors qu’elle devait être déposée dans les 2 mois de l’installation du Collège, soit pour le 3 février, il aura fallu deux mois de plus pour la présenter. Il s’agit pourtant d’un document important puisqu’il déterminera la politique menée dans les 6 prochaines années. Si le groupe Ecolo s’est réjoui de voir la transition nucléaire élevée au rang de première priorité, du projet de cité administrative et du regroupement des cantines scolaires auprès d’un opérateur unique et moins cher proposant des repas sains, le groupe Ecolo a regretté un manque d’ambition en matière de mobilité, de participation citoyenne, d’environnement et de climat, ainsi que de justice sociale. La majorité s’est ainsi contentée de dresser un état des lieux des initiatives déjà lancées, mais en proposant très peu de nouvelles idées pour lutter contre les embouteillages, associer les Hutois au redéveloppement des quartiers, mettre en œuvre concrètement le plan climat ou venir en aide aux plus faibles. La majorité s’est montré ouverte à discuter des propositions de l’opposition et nous espérons dès lors qu’un changement de cap sera opéré d’ici l’adoption du programme stratégique transversal.

Adhésion au contrat-cadre de la ZP Anvers

Le Collège souhaite adhérer au contrat-cadre de la zone de police d’Anvers qui interviendra en tant que centrale des marchés. Si nous comprenons que ceci va dans le sens de la mutualisation de moyens, d’économies possibles et de la simplification administrative, Ecolo, par la voix de la conseillère Christelle Stadler, s’est étonné du rôle que jouerait la société Securitas. Il est en effet question que celle-ci puisse proposer des services tels que la sécurisation des bâtiments, des services informatiques, etc. Certains services assurés par la police seraient-ils en voie d’être privatisés ? Nous n’avons pas pu obtenir de plus amples informations à ce sujet. Le groupe Ecolo s’est donc abstenu. Nous attendons des détails sur cette question.

Aménagement du site Thiry

Le groupe Ecolo se réjouit de la possible reconnaissance du site Thiry en SAR. Nous apprécions particulièrement que ce nouvel espace soit dévoué à des logements collectifs, des services et bureaux, à des équipements communautaires. Nous sommes également satisfaits de constater que des espaces publics minéraux et végétaux ont été pensés. Avec ces éléments, la réouverture du Hoyoux participera à l’intérêt du site pour les citoyens.

La conseillère Anabelle Rahhal a cependant insisté sur le fait qu’Ecolo portera une attention particulière à la manière d’occuper +/- 1300 m² de commerces / horeca et à l’éventuelle installation de grandes surfaces commerciales, ce qui serait regrettable. Ecolo souhaite promouvoir du petit commerce et ainsi encourager la vente de produits locaux par exemple. Il serait impensable de laisser se développer un second Ben-Ahin. Nous nous opposons également à des bâtiments de plus de deux étages, alors que le projet envisage des R +5.

Quant aux 2 scénarios possibles pour le bâtiment Thiry (le maintien OU la démolition du bâtiment Thiry), Anabelle Rahhal a clairement exprimé notre volonté de soutenir le scénario 1 qui promeut le maintien de deux façades du bâtiment Thiry.

Pour terminer, nous regrettons qu’il n’y ait pas eu de consultation citoyenne tant qu’à présent sur la manière d’occuper le site. Nous appelons de nos vœux que la gestion de la transformation de sites tels que le site Thiry, intègre cette dimension participative.

Charte pour des achats publics responsables

Le Collège a proposé au conseil communal de signer la charte pour des achats publics responsables. Nous abondons naturellement dans ce sens. Cependant, nous nous sommes étonnés de l’arrivée de cette charte très (trop) générale, puisque, le 10 mai 2016, le conseil communal avait déjà adopté une charte en matière de lutte contre le dumping social s’appuyant sur toute une série de critères environnementaux, sociaux et éthiques bien plus clairs. Nous nous demandons donc quelle est la plus-value  de cette nouvelle ( ?) charte. Nous attendons dès lors le plan d’action et souhaitons que celui-ci soit approuvé lors d’un prochain conseil communal.

Amélioration du tri des déchets organiques

La Ville de Huy a enfin introduit en 2018 le tri des déchets organiques, via des sacs biodégradables. Avec 15kg par habitant récoltés en 2018, les résultats obtenus sont toutefois deux fois moins bons que la moyenne des autres communes de la Province de Liège. En cause : le coût supplémentaire que les usagers doivent payer pour utiliser ce système (4,50 € pour 10 sacs, en plus de la taxe habituelle), mais aussi les problèmes pratiques liés à la dégradation des sacs qui sont difficiles à conserver et à la merci des animaux. Ecolo a donc proposé, par la voix de Rodrigue Demeuse, de se lancer dans le système de tri via conteneurs, ou au minimum de permettre le choix entre les sacs et les conteneurs. Le Collège n’a malheureusement pas souhaité changer de système de tri, mais nous suivrons le dossier de près et reviendrons à la charge.

Neutralité des communications officielles de la Ville

La Ville de Huy envoie régulièrement des communications officielles relatant les décisions principales du Conseil communal. En janvier dernier, suite au Conseil commun Ville/CPAS, le ton du mail envoyé au listing officiel était pourtant radicalement différent, puisqu’il s’agissait ni plus ni moins d’une tribune politique dénigrant expressément les propositions d’Ecolo en faveur d’un plan d’action sociale, en relatant exclusivement les propos agressifs et caricaturaux de la majorité. Cette façon de procéder est profondément choquante. En effet, les moyens publics de l’administration sont censés être mis au service d’une information générale et neutre, et non servir de tribune politique au Collège pour dénigrer les propositions d’un parti de l’opposition, à des fins purement politiciennes. Soucieux de mettre un coup d’arrêt à une telle utilisation abusive des moyens publics, Ecolo a donc interrogé, via une question parlementaire, la Ministre des pouvoirs locaux sur la légalité d’une telle pratique. Cette dernière a donné raison à Ecolo, estimant que de telles pratiques sont inadmissibles. Nos conseillers ont donc mis les choses au point en demandant au Collège de désormais respecter les balises posées par la Ministre dans toutes les communications officielles de la Ville, à savoir la neutralité et l’absence de propos politiques.

Interdiction de manèges à chevaux et à poneys

Au lendemain du dépôt d’une nouvelle proposition de motion du groupe Ecolo pour l’interdiction des manèges à chevaux et poneys sur la foire de Huy, la Ville de Huy l’annonce : il n’y aura plus de manège à chevaux et poneys à Huy dès 2019. C’est une véritable victoire pour le bien-être animal ! Il y a tout pile un an quasi jour pour jour, lors du Conseil communal du 27 mars 2018, le conseiller Samuel Cogolati avait proposé l’interdiction des poneys à la foire du 15 août. 

Cependant, il y a un an, tous les partis décidaient de rejeter cette motion pour le bien-être animal. L’échevin des Foires et Marchés de l’époque, Chirstophe Pire (MR), avait même déclaré vouloir intervenir auprès du Ministre Di Antonio, en charge du bien-être animal, pour éviter l’interdiction des manèges à poneys (SP 24 avril 2018). C’est pourquoi Samuel Cogolati a déposé mercredi 27 mars le même texte auprès du Directeur général de la Ville de Huy pour tenter une nouvelle fois d’interdire cette pratique lors du prochain Conseil communal du mardi 2 avril 2019. Le groupe Ecolo se réjouit de ce changement de position. Aujourd’hui, même si nous avons dû attendre un an de trop, je suis ravi que la Ville de Huy change de cap et annonce qu’elle emboite enfin le pas à des communes comme Hannut, Namur, Waterloo, Gand, Anvers et Louvain. Il était temps d’avancer vers le bien-être animal.

Un enjeu majeur de sécurité publique : reconnaître et mettre fin à la dangerosité de certains chiens

Dans le centre de Huy, une attaque d’un chien par deux autres chiens s’est déroulée fin février, avec pour conséquence de graves blessures pour le chien attaqué et une lourde blessure à la main pour son propriétaire, et ce malgré l’intervention de voisins. Cet incident regrettable laisse également tout un quartier traumatisé. D’autres propriétaires de chiens promènent leur animal dans cette rue, des enfants circulent naturellement dans le quartier.

La conseillère Christelle Stadler a souhaité savoir comment la ville se positionnait par rapport à sa prérogative de pouvoir reconnaître, puis de mettre fin à la dangerosité de certains chiens sur le territoire de la commune de Huy. En effet, dans le cadre de sa mission de maintien de l’ordre public, la commune a le pouvoir de prendre toute mesure qu’elle juge utile pour faire cesser le risque de trouble à l’ordre public. Christelle Stadler rappelle que le règlement général de police fournit des outils : le constat par le bourgmestre du caractère agressif des chiens, la saisie administrative, l’obligation du port d’une muselière, le suivi de cours d’éducation canine, etc ; elle soulève aussi qu’un arrêté de police fait des parties des mesures qui pourraient être prises pour que ces chiens soient rendus inoffensifs. Par sa voix, Ecolo espère que cette situation sera traitée sans tarder.

Reconnaissance de l’humusation comme mode légal de sépulture

La conseillère Géraldine Delfosse a déposé une motion visant à promouvoir l’intégration de l’humusation parmi les autres pratiques funéraires existantes. Si la législation ne prévoit pas encore cette pratique, les lignes bougent. En effet, les cercueils en osier et en carton sont désormais autorisés en Wallonie. Ils sont plus écologiques et plus économiques que le bois.

Reconnaissant que le débat est délicat, Géraldine Delfosse espérait pourtant voir la ville de Huy se positionner dans ce sens afin d’inciter d’autres niveau de pouvoir à réfléchir et légiférer, poussés dans le dos par la volonté de certains citoyens. La majorité ne souhaite malheureusement pas se positionner en ville pionnière à ce sujet. Géraldine Delfosse propose néanmoins la programmation d’une séance d’information publique dans les locaux de l’administration communale avec des experts de la question.

Mettre à l’honneur et soutenir l’ensemble de nos producteurs locaux

La conseillère Christelle Stadler a proposé d’aller plus loin dans l’identification et la rencontre de nos producteurs locaux. Elle a demandé ce que la ville comptait faire pour mettre à l’honneur et soutenir l’ensemble de nos producteurs locaux, et les faire connaître aux citoyens ? Il lui a été répondu que ce qui existait déjà était amplement suffisant.

Or, malgré son intérêt et son potentiel, le nouveau site de promotion du commerce hutois ne les mentionne pas du tout. Ecolo a alors proposé

  • L’organisation d’un événement fédérateur permettant aux différents acteurs de ce type d’économie de se rencontrer, comme le suggère la Ceinture AlimenTerre hutoise ;
  • Un annuaire des produits locaux et des produits bio (carte interactive avec localisation, spécialité et lien vers un site s’il existe) ;
  • La promotion régulière de nos producteurs via le Huy Mag.

Reste à voir si la ville nous suivra dans notre volonté.

Transformer une partie de la prime de naissance sous forme de chèques valables auprès des petits commerçants de la ville 

Géraldine Delfosse a proposé de transformer une partie de la prime de naissance sous forme de Valeureux ou sous forme de « bons à valoir » chez les petits indépendants de la ville désireux de participer au projet (Horeca, librairie, soins divers, alimentation, culture…). L’objectif est de promouvoir le commerce local, tout en incitant des familles à modifier des habitudes, à  se diriger vers de nouveaux modes de consommation plus responsables et, pourquoi pas, à tisser des liens sur le terrain.

Le Collège n’a pas approuvé cette demande, alors que la commune de Marchin vient pourtant d’instaurer une pratique assez proche de celle demandée, le citoyen étant libre de choisir de recevoir une prime classique ou d’adhérer au val’Heureux. La Ville pourrait donc suivre ses voisins, ce qui ne semble pas convaincre le Collège hutois.